La mise en relief : c'est... qui/que en français
Introduction
Lorsque vous voulez attirer l'attention sur un élément particulier d'une phrase en français, la structure emphatique c'est... qui/que (appelée aussi mise en relief ou construction clivée) devient votre meilleur allié. Cette construction permet de mettre en valeur un sujet, un complément d'objet ou un complément circonstanciel en le détachant du reste de la phrase.
Qu'est-ce que la mise en relief ?
La mise en relief consiste à extraire un élément de la phrase pour le placer entre c'est (ou ce sont) et un pronom relatif (qui ou que). Cette structure transforme une phrase neutre en phrase emphatique.
Phrase neutre : Marie a préparé le gâteau.
Phrase emphatique (sujet mis en relief) : C'est Marie qui a préparé le gâteau.
Phrase emphatique (complément mis en relief) : C'est le gâteau que Marie a préparé.
Cette construction répond souvent à une question implicite ou explicite : Qui a préparé le gâteau ? → C'est Marie qui l'a préparé.
C'est... qui : pour mettre en relief le sujet
On utilise c'est... qui lorsqu'on veut insister sur le sujet de l'action. Le pronom relatif qui introduit alors le verbe.
Exemples :
- C'est mon frère qui conduit la voiture. (et non quelqu'un d'autre)
- C'est vous qui avez raison.
- Ce sont les enfants qui ont cassé le vase.
Pourquoi "qui" ? Parce que l'élément mis en relief est celui qui fait l'action (fonction sujet). Le pronom relatif qui est toujours utilisé pour représenter le sujet dans une proposition relative.
Accord du verbe
Le verbe qui suit qui s'accorde avec l'élément mis en relief :
- C'est moi qui suis responsable. (1ère personne singulier)
- C'est toi qui as gagné. (2ème personne singulier)
- Ce sont eux qui partent demain. (3ème personne pluriel)
Notez qu'on peut dire "c'est eux" ou "ce sont eux" à l'oral, mais "ce sont" est plus correct à l'écrit quand l'élément mis en relief est au pluriel.
C'est... que : pour mettre en relief le complément
On utilise c'est... que pour mettre en valeur un complément d'objet direct (COD), un complément d'objet indirect (COI) ou un complément circonstanciel.
Exemples avec COD :
- C'est ce livre que je cherche. (Objet direct : je cherche quoi ?)
- C'est la vérité que tu dois dire.
Exemples avec complément circonstanciel :
- C'est demain que nous partons. (temps)
- C'est à Paris que j'habite. (lieu)
- C'est pour cette raison que je t'appelle. (cause)
Pourquoi "que" ? Parce que l'élément mis en relief n'est pas le sujet mais reçoit l'action ou précise les circonstances. Le pronom relatif que introduit une proposition où le sujet et le verbe suivent.
Attention aux prépositions
Quand le complément nécessite une préposition, celle-ci reste devant l'élément mis en relief :
- C'est à toi que je parle. (parler à quelqu'un)
- C'est de lui que nous parlons. (parler de quelqu'un)
- C'est avec ce stylo que j'écris.
Différence entre qui et que dans la mise en relief
| Critère | C'est... qui | C'est... que | |-------------|------------------|------------------| | Fonction | Met en relief le sujet | Met en relief le complément | | Suivi de | Verbe directement | Sujet + verbe | | Exemple | C'est Paul qui arrive | C'est Paul que je vois | | Question implicite | Qui fait l'action ? | Qui/quoi reçoit l'action ? |
Astuce mnémotechnique : Si vous pouvez remplacer l'élément par "il/elle" et que la phrase garde son sens avec un verbe qui suit immédiatement, utilisez qui. Si vous devez ajouter un sujet après, utilisez que.
Variantes et nuances
C'est... où/dont/à qui
D'autres pronoms relatifs peuvent être utilisés selon le contexte :
- C'est là où je suis né. (lieu)
- C'est lui dont je t'ai parlé. (complément introduit par "de")
- C'est à elle à qui tu dois t'adresser. (bien que "c'est à elle que" soit plus courant)
Registre de langue
La mise en relief est très courante à l'oral en français. Elle permet d'insister naturellement sans hausser le ton. À l'écrit formel, on peut préférer d'autres structures (inversion, adverbes), mais la construction c'est... qui/que reste parfaitement correcte.
Oral quotidien : — Qui a mangé mon yaourt ? — C'est pas moi ! (familier pour "Ce n'est pas moi")
Écrit soutenu : C'est précisément cette question que soulève l'auteur.
Erreurs fréquentes
Erreur 1 : Confondre qui et que
❌ C'est Marie que a préparé le dîner. ✅ C'est Marie qui a préparé le dîner.
Pourquoi ? Marie est le sujet (elle fait l'action), donc on utilise qui.
Erreur 2 : Oublier la préposition
❌ C'est toi que je pense. ✅ C'est à toi que je pense.
Pourquoi ? Le verbe "penser" nécessite la préposition "à" (penser à quelqu'un).
Erreur 3 : Mauvais accord du verbe après "qui"
❌ C'est nous qui a gagné. ✅ C'est nous qui avons gagné.
Pourquoi ? Le verbe s'accorde avec "nous" (1ère personne du pluriel), pas avec "c'est".
Erreur 4 : Utiliser "c'est" au lieu de "ce sont" à l'écrit formel
❌ C'est les vacances qui approchent. (acceptable à l'oral) ✅ Ce sont les vacances qui approchent. (préférable à l'écrit)
Erreur 5 : Mettre en relief des éléments qui ne peuvent pas l'être
Certains éléments grammaticaux ne peuvent pas être mis en relief avec cette structure, notamment les pronoms personnels compléments directs (le, la, les) :
❌ C'est le que je vois. ✅ C'est lui que je vois. (utiliser le pronom tonique)
Pourquoi maîtriser cette structure ?
La mise en relief fait partie intégrante du rythme naturel du français parlé. Les francophones l'utilisent constamment pour :
- Clarifier qui fait quoi dans une conversation
- Insister sur un point précis
- Répondre à une question en mettant l'accent sur l'information nouvelle
- Corriger une information erronée
Comprendre et utiliser c'est... qui/que vous permet de vous exprimer avec plus de nuance et de naturel, particulièrement à l'oral. Cette structure s'inscrit dans un ensemble plus large de procédés d'emphase en français, qui incluent aussi la dislocation ("Moi, je pense que..."), l'inversion stylistique, ou l'utilisation d'adverbes intensifs.
Conclusion
La structure emphatique c'est... qui/que n'est pas une simple curiosité grammaticale : c'est un outil quotidien qui donne du relief et de la clarté à vos phrases. Retenez la distinction fondamentale : qui pour le sujet, que pour le complément. Pratiquez en transformant des phrases neutres en phrases emphatiques, et surtout, écoutez comment les francophones utilisent naturellement cette construction dans les conversations, les films ou les podcasts. Avec le temps, elle deviendra un réflexe naturel dans votre expression en français.